Gifleur de Macron : du crime de lèse-majesté en France

La Cour d’appel de Grenoble a confirmé hier les peines prononcées à l’encontre du gifleur d’Emmanuel Macron, Damien Tarel. La justice peut donc être sévère et exemplaire en France.

Capture d’écran BFM TV.

Privation des droits civiques, interdiction de détenir ou de porter une arme et interdiction d’exercer dans la fonction publique confirmées : Damien Tarel n’aura pas eu gain de cause. Celui qui avait giflé le président de la République le 8 juin 2021 avait été condamné deux jours plus tard à 18 mois de prison, dont 14 avec sursis (avec mandat de dépôt, preuve de la dangerosité de l’individu !).

Un acte contre-productif

Mettons les points sur les « i » : je ne cautionne pas du tout l’acte de M. Tarel, quand bien même je partagerais ses motivations. Loin de faire consensus, la gifle a indigné l’ensemble de la classe politique, notre personnel politicien demandant des sanctions exemplaires et se montrant subitement capable de percevoir la puissance des symboles (quand elle ne voit que des « faits divers isolés » par ailleurs). Pour isoler ou affaiblir Macron, il y a mieux.

De plus, Damien Tarel avait « reconnu » (AFP) son ancrage à la droite de l’échiquier politique, et a donné par son geste une piètre image de son courant de pensée. On note d’ailleurs la terminologie étrange de l’AFP dans le Figaro du jour : on « reconnaît » une faute, pas une appartenance politique. Être à droite serait donc une faute politique ou citoyenne ?

Si son crime de lèse-majesté s’est avéré plutôt stérile en soi, ses conséquences sont elles extrêmement instructives cependant.

Les leçons de la gifle

On peut en effet tirer deux enseignements majeurs du « Gifle-gate ».

Premièrement, et contrairement à ce que serinent des esprits chagrins, la justice sait encore être rapide, efficace et ferme en France. On regrettera seulement que ces vertus ne s’appliquent qu’à l’autorité suprême de la démocratie et à ses affidés, et non pas à celui qui est le « démos » de la démocratie : le peuple lui-même.

Les Français qui divorcent passent 7 a 26 mois à régler leur séparation en justice ; des criminels sous l’emprise de stupéfiants sont relaxés ou échappent à l’emprisonnement car la jurisprudence invoque l’irresponsabilité pénale là où elle voyait auparavant des circonstances aggravantes ; les cas se multiplient où les auteurs présumés ne sont pas poursuivis en raison de vices de procédure, de manque de preuves, voire d’absence d’interpellations (on se souvient notamment des attaques de commissariats au cocktail Molotov), renforçant ainsi le « sentiment d’insécurité » de Francais pour lesquels jamais un sentiment n’a été aussi palpable.

Deuxième enseignement majeur : Emmanuel Macron, qui connaît bien les mots, ne les utilise toujours pas pour décrire le réel, mais pour façonner une vision du monde pétrie d’une idéologie foutraque et variable au gré des circonstances.

Ainsi, notre président a subitement montré les crocs face à la violence, lorsque celle-ci s’est manifestée physiquement à lui. Il a ainsi qualifié M. Tarel « d’individu ultraviolent« .

Les 75% de Français qui jugent « négatifs » le bilan de Macron en matière d’insécurité (Le JDD du 20/08/22) et les 500 victimes quotidiennes de vols avec violence apprécieront sans aucun doute cette fermeté. Souhaitons qu’elle s’applique un jour avec équité !

Faux militants écologistes, vrais vandales : le nihilisme en action

Loin de faire consensus dans l’opinion publique, le buzz recherché par certains militants et mouvements auto-proclamés « écologistes » est une insulte à la logique, à l’art, voire à la vie en société.

Tweet du compte « Letzte Generation » relayant la dégradation d’un tableau de Monet.

Demi-finale hommes interrompue à Roland-Garros, tableaux célèbres maculés de nourriture, véhicules dégradés, blocages de lieux publics ou d’autoroutes, opéra interrompu… Tout le monde a entendu parler de ces actions coup-de-poing survenues en 2022, actions dont la pertinence et l’impact sont inversement proportionnels à l’écho médiatique qui leur est complaisamment offert. On ne peut pas en vouloir totalement à ces militants, à qui l’on serine que l’éco-anxiété -la trouille du lendemain- est le signe d’un esprit sain. Consacrer une peur en vertu, le témoin d’une société malade ?

Où que ce soit, la rhétorique de ces militants et leurs modes d’action présentent des similitudes révélatrices.

L’eschatologie de la planète…

Ce qui frappe d’abord le citoyen, c’est la prégnance d’une vision apocalyptique du monde érigée en dogme inébranlable et indiscutable. Un rapport du GIEC donne 3 ans pour ralentir le réchauffement climatique et effectuer la transition énergétique souhaitable ? Et voici Alizée, 22 ans, persuadée que nous allons tous mourir dans 1 028 jours, qui interrompt la demi-finale hommes de Roland-Garros.

Les militants allemands qui ont tenté de vandaliser un tableau de Monet évoquent eux des énergies fossiles qui « nous tuent tous« . Soit ils y croient littéralement, mais paraissent curieusement bien vivants au moment de commettre leur acte étrange ; soit ils ont une pensée plus nuancée et affichent un discours irresponsable, car angoissant et culpabilisant.

L’absence de futur et la fin du monde constituent, à les entendre, le seul horizon de ces militants, qui appartiennent à des mouvements au nom souvent éloquent : « Dernière Génération », « Extinction Rébellion », « Dernière Rénovation », etc. S’il n’est pas question de nier le réchauffement climatique, ils déforment cette idée en vision délirante dans laquelle ils s’assurent le rôle du héros clairvoyant qui lutte pour sauver toute l’espèce d’une mort certaine. Une façon comme une autre de trouver un sens à sa vie, bien que celle-ci soit nuisible à la société.

… pour masquer l’indigence

Nuisible, oui ; car ces actions, qui sont à la portée du premier gogo un peu crédule, frappent par leur indigence. Qui peut croire en effet que cela permet de lutter efficacement contre la dégradation de l’environnement ? Comment tant de jeunesse, force vive s’il en est, peut-elle se perdre dans ce type de manifestations ?

Ils pourraient étudier pour rejoindre des équipes de chercheurs occupés à dépolluer les océans, à nettoyer la terre, à produire des matériaux biodégradables ; ils pourraient s’organiser pour ramasser des déchets comme le font régulièrement des milliers de bénévoles ; il y a tant de choses à accomplir, c’est vrai ! Cela leur permettrait d’agir réellement et de convertir ainsi leur préoccupation -assez partagée au sein de la population finalement- en projets utiles.

Mais ceux qui bloquent les autoroutes ou saccagent des véhicules privés allient l’indigence de l’acte à celle de leur rhétorique. La Joconde entartée ? L’entarteur demande : « Tous les artistes, pensez à la Terre. C’est pour ça que j’ai fait ça. » Relisez bien : il n’y a AUCUN rapport de causalité, mais une injonction visant à faire plier les artistes, sommés de dépeindre uniquement la mort de la planète et de l’espèce humaine (dans quel type de régime met-on le monde culturel au pas, déjà ?). À Londres, les militants qui ont lancé de la soupe de tomates sur le tableau « Les Tournesols » de Van Gogh ont justifié leur acte en expliquant que « la vie quotidienne est devenue inabordable pour des millions de familles qui ont froid et faim – elles n’ont même pas les moyens de s’acheter une boîte de soupe« . Gâcher de la nourriture pour en dénoncer le manque, n’est-ce pas là le degré zéro du raisonnement ?

Mauvais exemples

En fin de compte, ces actions de « désobéissance civile » -sémantique flatteuse qui permet de se rêver en éternel rebelle- sont contre-productives pour plusieurs raisons. D’abord, nous avons affaire à des personnes qui exigent des modifications de comportement de tous, mais ne pratiquent pas ce qu’elles prêchent. Ils parlent décroissance et sobriété, mais utilisent des smartphones bourrés de minerais rares pour relayer leurs actions et des matériaux polluants : bombes de peinture, colorants, etc. On repense aussi aux innombrables déchets abandonnés sur place après chaque manifestation, nécessitant l’intervention d’équipes techniques qui utilisent… des produits chimiques et des poids lourds. Finalement, le remède semble parfois pire que le mal.

De plus, les actions de ce type n’ont que peu de chances d’emporter l’adhésion de l’opinion publique (au-delà du microcosme de post-adolescents partageant les mêmes névroses et qui ont en commun de ne pas envisager de travailler plus dur pour mieux servir leur cause). Et ce, pour une raison simple : c’est au public qu’elles s’en prennent. Comment voulez-vous être écoutés si vous abîmez les oeuvres d’art aimées par le public, si vous tentez d’intimider, si vous retardez pendant des heures des milliers de personnes, si vous vous en prenez à leurs biens et à leur argent ? Vous obtiendrez au mieux le silence en imposant la terreur ; mais vous n’aurez jamais l’assentiment ou le respect.

Un autre élément qui aurait dû alarmer ces jeunes militants du chaos est le soutien que leur a apporté Sandrine Rousseau. Dans un tweet du 15 octobre, la commissaire politique du barbecue et de la chambre à coucher a écrit à propos du jet de soupe sur un Monet que « l’action de ces jeunes avec de la soupe est hyper intéressante parce que très dérangeante. La colère monte chez les jeunes contre l’inaction climatique. Et ils ont raison d’être en colère. Vraiment. »

Tout le monde devrait pourtant le savoir : lorsque Sandrine Rousseau soutient ce que vous dites et faites, c’est que vous vous êtes égarés. « Vraiment » !

Accusation d’appropriation culturelle : c’est tiré par les cheveux !

Des musiciens de reggae ont vu leur concert annulé. En cause : des spectateurs se sont trouvés « mal à l’aise » en les voyant s’approprier la « culture rasta ». En somme, le racisme gagne du terrain ; et cela ne choque toujours pas grand-monde.

Clip de la chanson « S’problem » de Lauwarm.

L’histoire semble incroyable ; pourtant, elle est vraie. Résumons : le groupe de reggae suisse Lauwarm devait se produire dans une brasserie de Berne le 18 juillet dernier. Or, quelques minutes après le début du concert, plusieurs spectateurs ont fait part de leur « malaise face à la situation » (sic), comme le raconte la version suisse du journal 20 minutes. L’origine de ce « malaise » ressenti par certains spectateurs visiblement fragiles ? Un délit d’appropriation culturelle. Offensés par des blancs portant des dreadlocks et jouant une musique d’origine jamaïcaine, ces hypocondriaques de la pureté ethnique dans la culture ont obtenu l’annulation du concert par les organisateurs. Ces derniers, sans doute apeurés par les tribunaux 3.0, ont même poussé l’obséquiosité en s’excusant « auprès de toutes les personnes chez qui le concert a provoqué de mauvais sentiments » (re-sic). Le chanteur du groupe s’est fendu d’un communiqué plutôt vaseux, tentant d’établir une distinction entre « inspiration » et « appropriation », et se défendant d’emprunter des thèmes « à la culture jamaïcaine ou à Jah Rastafari« . Il entérine ainsi la vision selon laquelle certaines personnes décident quel tel ou tel production culturelle serait leur pré carré, ôtant à la culture elle-même toute sa part d’universalité. Un monde formidable !

Tout le monde fait de l’appropriation culturelle !

Revenons aux spectateurs outragés, dont certains sont peut-être encore hospitalisés suite à une violente apoplexie due à la coiffure des musiciens. Les dreadlocks des musiciens ont été mentionnés comme un élément d’appropriation culturelle, puisque cette coiffure est supposée être l’apanage des Jamaïcains rastafaris. Comme nous l’apprend Wikipédia, les plus anciennes traces écrites mentionnant les dreadlocks nous sont fournies par… des écritures saintes du védisme, une ancienne religion de L’inde antique. Ce qui donne environ 2 000 ans d’avance à l’Inde dans la revendication de la paternité des dreadlocks ! Poursuivons le raisonnement : le metal est une musique inventée par des Occidentaux blancs. Or, plusieurs musiciens de metal sont noirs, à l’image du chanteur du groupe brésilien Sepultura, Derrick Green. Alors, fait-il de l’appropriation culturelle ? Faut-il priver M. Green de son gagne-pain en raison de sa couleur de peau ? Le rock est-il réservé aux blancs, et le reggae aux noirs ?

On mesure sans peine l’absurdité et l’horreur de telles propositions : chacun pourrait accuser son prochain d’appropriation culturelle, particulièrement dans un monde de culture mondialisée où Internet peut faire voyager l’art instantanément. Cette dys-réalité (une réalité non désirable) rappelle en tous points Le procès de Kafka, dans lequel un homme est jugé sans savoir de quoi il est accusé : petit à petit, Joseph K. (l’accusé) joue le jeu de ses accusateurs en cherchant à se défendre. Exactement comme les organisateurs du concert et les musiciens du groupe.

Mais pourquoi cette fausse accusation fonctionne-t-elle si bien ? Vous le savez déjà…

L’Occident, coupable de tout (et surtout de n’importe quoi)

Plutôt que de voir que des blancs jouant du reggae était une preuve du rayonnement de cette musique jamaïcaine (« s’inspirer d’un maître est une action non seulement permise, mais louable« , écrivait Alfred de Musset), certains les ont vilipendés pour leur musique et leur coiffure. Cela fonctionne toujours dans le même sens : l’appropriation culturelle est un délire authentiquement raciste qui ne vise que des blancs. Les accusations sont imaginaires et délirantes, vous interdisant pêle-mêle certains déguisements, certains vêtements, certains maquillages, certaines coiffures, etc. Le point commun des accusés : ils sont tous Occidentaux.

Cela n’arrive jamais dans le sens inverse : personne n’accuse un asiatique de porter un costume-cravate, personne ne vitupère contre une femme noire se faisant lisser les cheveux. L’appropriation culturelle n’est qu’un des nombreux outils de racistes ayant pignon sur rue, qui ne jugent autrui que sur la base de la couleur de la peau. Au lieu de souligner cet état de fait, les accusés s’excusent (presque) tous platement, ramollis qu’ils sont par la propagande progressiste et indigéniste selon laquelle tous les hommes sont égaux, mais certains plus que d’autres (Coluche).

L’histoire est simple : un groupe s’est vu interdire de jouer de la musique à cause de la couleur de la peau de ses musiciens. Et les organisateurs du concert tiendront le plus sérieusement du monde une table ronde le 18 août prochain sur le thème de l’appropriation culturelle.

Il y a quelques années, trois chercheurs ont récolté des éloges de plusieurs universitaires grâce à un essai prétendant d’après ses auteurs « examiner de manière critique la blanchité depuis la blanchité« . Il s’agissait d’un canular : pour montrer les dérives woke, les auteurs avaient simplement réutilisé des extraits de l’antisémite pamphlet Mein Kampf d’Adolf Hitler, en remplaçant le mot « Juifs » par « Blancs ». Nous n’avons rien appris depuis : la haine raciste est devenue dans certains cas le summum de la modernité.

Législatives : discréditer un candidat pour les nuls

Les candidats sans parti sont plus vulnérables face à un appareil politico-médiatique qui goûte visiblement fort peu les profils atypiques, les trublions, ou tout simplement… l’indépendance d’esprit.Exemple en Ariège.

Affiche de campagne de Yann de Kerimel et Muriel Capdeville.

Qui est Yann de Kerimel, candidat malheureux aux élections législatives en Ariège ? Un conservateur ? Un peu, sans doute. Par exemple, il tient la famille pour un socle de la société et de l’instruction des enfants, et a manifesté avec la Manif pour tous. Mais il n’est pas un libéral absolu. En matière d’économie, il prône un protectionnisme mesuré pour lutter contre la dépendance alimentaire, et aussi pour revenir à une consommation plus locale. Écolo, donc ? Un peu aussi. Anarchiste ? Non, ce qui ne l’a pas empêché de manifester contre des dérives qu’il a jugées liberticides lors de la crise du Covid. Il a aussi cru à certaines revendications des Gilets jaunes : cela fait-il de lui un gaucho ou un droitard ? La réponse est sans doute autre.

Élu à la chambre d’Agriculture (il est éleveur) et candidat malheureux aux législatives (2,86% dans sa circonscription), Yann croit en l’action politique ; toutefois, il a remarqué le goût de l’État pour un mille-feuilles administratif souvent peu utile, et systématiquement très onéreux. Il n’est pas un révolutionnaire, mais il n’est pas non plus le gardien sévère du vieil ordre. Il est inclassable.

Les candidats indépendants : David contre Goliath

En fait, la vision de Yann est complexe et se nourrit de ses expériences, de ses discussions, et des caractéristiques de son pays rural et paysan. Soucieux d’améliorer le sort de ses concitoyens, il s’est jeté dans le bain des législatives, sur les terres du député LFI Michel Larive. Comme David contre Goliath, il a voulu affronter les gros, et sans grande connaissance des codes médiatiques.

Par sympathie, j’ai aidé Yann à mettre en forme ses éléments de langage il y a quelques semaines. J’ai découvert son système de pensée atypique mais cohérent. Quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que j’avais côtoyé un séide de Satan lui-même !

Le label « extrême-droite », une valeur sûre !

Capture d’écran francebleu.fr : Yann de Kerimel est étiqueté « Divers extrême droite »… grâce à la Préfecture.

Eh oui : Yann ose dénoncer le clientélisme en politique, veut plafonner le salaire des élus et obliger les députés à être présents un minimum de temps à l’Assemblée nationale. En plus, il souhaite que les traités européens ne portent pas préjudice aux agriculteurs français (europhobie ?). Enfin, il veut mettre fin au financement public des partis politiques, syndicats, et autres lobbies communautaristes. Peu importe le reste de son programme : la Préfecture s’est sans doute arrêté à ces aspects. Alors, elle l’a étiqueté « Divers extrême-droite », et le ministère de l’Intérieur a relayé cette information, sur laquelle se sont fondés les médias.

Dans le système politico-médiatique actuel, l’appellation « extrême-droite » fait de vous un infréquentable : le bruit des bottes résonne déjà. Ce genre d’épithète impressionne encore une bonne partie de la population : on l’a encore vu lors de l’élection présidentielle, où Emmanuel Macron n’a même pas eu à proposer d’autre programme que « faire barrage à l’extrême-droite » pour rafler la mise.

Alors, Yann a protesté. Il a appelé la Préfecture et leur a signalé que cette étiquette ne correspondait pas à son programme (un espèce de patchwork idéologique empruntant aussi bien à Mélenchon qu’à Le Pen ou Macron). Le chef de cabinet, auteur de la nuance problématique, a répondu avoir trouvé ça « extrême-droite », sans autres explications. Après un entretien de 45 minutes avec Yann, il a validé la nuance « Divers » et a  envoyé un communiqué aux médias le 25 mai pour les informer. Mais le mal était fait : seuls deux médias locaux [1] en ont parlé, et le site ministériel n’a été mis à jour que le… 7 juin !

Mail de protestation envoyé à la Préfecture le 2 juin par Yann de Kerimel.

Des médias idéologues aux ordres

Yann a ensuite fait la tournée des médias, autant qu’il pouvait avec ses petits moyens. Et c’est le journal régional La Dépêche qui s’est distingué. Après l’avori étiqueté « Divers » [2], ils effectuent un virage à 180° le dernier jour de campagne et le qualifient de candidat d’extrême-droite dans un article [3]. De quoi frapper l’opinion publique juste avant le scrutin (l’Ariège a voté majoritairement LFI à l’élection présidentielle), et le priver de tout droit de réponse, puisque la campagne était terminée le jour même à minuit. Pris par le sprint final, le candidat malheureux ne saura pas le pourquoi de ce timing étrange. Il contacte la rédaction qui se fend d’un minuscule encart dans l’édition du 11 juin. Un peu tard !

Capture d’écran La Dépêche du 10 juin 2022.

Cet article n’est pas un dithyrambe en faveur d’un candidat à la députation : j’ai aidé Yann par sympathie et il a perdu. Cela m’a permis de partager son aventure individuelle et l’enthousiasme de quelqu’un qui croit encore à la politique, quand j’en suis moi-même devenu blasé.

Cela m’a permis aussi de voir comment on peut discréditer un candidat qui propose des idées au moins originales : il suffit qu’une autorité accolle à son nom les deux mots du Mal absolu. Je ne connais pas les raisons qui ont poussé les électeurs à voter ou à ne pas voter pour Yann : mais j’ai à nouveau vu dans cet épisode le pouvoir de nuisance, le manque d’arguments et l’hypocrisie (ou pire : l’inconséquence) de ceux qui conditionnent l’opinion publique.

Pour ceux qui aiment se faire leur propre avis sans qu’on le leur dicte : le programme de Yann est lisible sur son site www.kerimel2022.fr: à vous de voir si on parle de la Bête !

[1] https://gazette-ariegeoise.fr/legislatives-2022-le-candidat-yann-de-kerimel-obtient-la-rectification-de-sa-nuance-politique/

[2] https://www.ladepeche.fr/2022/05/20/legislatives-2022-en-ariege-decouvrez-les-noms-des-candidats-de-votre-circonscription-10307573.php

[3] Capture d’écran La Dépêche du 10 juin 2022

Réapproprions-nous le sens des mots !

Il est grand temps d’appeler à nouveau un chat, un chat

Depuis des années, il ne se passe pas une semaine sans que l’actualité nous abreuve de mots dont le sens est distordu, tronqué, ou tout simplement erroné. Le contexte permettant la compréhension des faits est absent lorsqu’il est nécessaire, et présent lorsqu’il n’apporte rien. Résultat : en l’absence de mots adéquats, il devient difficile de penser le monde réel dans un cadre précis.

(c) Depositphotos

Élection présidentielle, tensions sociales et civilisationnelles, politiquement correct, bassesses et grandeurs de l’Homme : il vous devient presque impossible de faire du monde un objet de réflexion quotidienne ou philosophique. Ne pensez pas, répétez des formules creuses et prémâchées. Les « éléments de langage » ont remplacé la pensée subtile et nuancée, le « buzz » remplace le fait, les invectives remplacent le débat, les oxymores pullulent, les contradictions pleuvent sur votre esprit embrumé par l’enchaînement des informations. Votre attention, déjà vampirisée par les GAFAM [1], se rend. Inutile d’essayer : votre cerveau n’a plus le temps. Il faudrait penser une quantité d’informations jamais connue dans l’histoire de l’humanité : c’est trop pour un seul être humain, fût-il le plus grand des génies.

Notre époque nous donne à observer une disruption (cassure) gigantesque de la langue française. Ces travestissements linguistiques, ce mésusage permanent du signifié et du signifiant des mots nous privent de la plus formidable liberté : celle de penser. Et nous nous faisons avoir, trop las pour nous battre, déjà privés de nos armes par une école qui devient davantage une fabrique du crétin qu’un lieu où l’on forme des citoyens éclairés [2].

Mots : la disruption permanente

Récemment, Mathieu Kassovitz, parti inaugurer une fresque en Ukraine, y faisait l’apologie des Ukrainiens « nationalistes » qui se battent contre les Russes [3]. Des propos qui ont fait hausser des sourcils, le même Kassovitz ne ratant pas une occasion de fustiger le présumé nationalisme des Français inquiets de l’immigration massive, qu’il assimile à du « racisme » [4]. Il suffit de s’intéresser au discours du cinéaste pour comprendre qu’il est contre les frontières, mythifie la figure de l’Autre, et présente depuis longtemps son désir d’un métissage total en France comme un avenir inéluctable et un passé tangible [5]. On comprend mieux la rhétorique kassovitzienne lorsquon observe le fond des propos : c’est une opinion.

D’autres exemples ? Un suspect « connu des services de police » ? Un euphémisme pour désigner un délinquant/criminel multirécidiviste. On passe de l’idée d’une connaissance (« Salut Michel !« ) à celle, plus précise, d’un individu dont les choix systématiques ou réguliers nuisent à la société dans son ensemble. Quelqu’un tient des propos osés ? On le qualifiera différemment selon son bord politique : « sulfureux » ou « polémique » s’il est de droite, « engagé » s’il est de gauche. Qualifier pour disqualifier ou pour valider : c’est qu’il faut vous apprendre à penser correctement ! Un « coup de couteau à la gorge » ? C’est une tentative de meurtre par égorgement, technique primitive et brutale d’importation récente. En appelant précisément les choses, on saisit l’extrême violence de celui qui tente de tuer -qu’il saisisse la gravité de son geste ou non. Les « tensions » à Sevran étaient en fait des émeutes, voire des actes de sédition (j’en parlais ici).

Dans ce dernier exemple, il faut pour parler de « sédition » comprendre non seulement le sens de ce mot, mais aussi le contexte.

Livre pour enfants « La belle lisse poire du prince de Motordu ». Heureusement, le prince rencontre la princesse des écoles à la fin !

Antiracisme, antifascisme, féminisme, sexualité : la connaissance du contexte, élément clé

Le contexte des mots les éclaire bien souvent. Encore faut-il le connaître. Vous connaissez les antiracistes ? En théorie, ce sont des personnes qui luttent contre « l’idéologie fondée sur la croyance qu’il existe une hiérarchie entre les groupes humains, autrefois appelés « races » et le comportement qui découle de cette idéologie » (Larousse). Aujourd’hui, les antiracistes autoproclamés comportent parmi eux les pires des racistes. Comment qualifier autrement une personne dont les réflexions s’opèrent entièrement à partir d’une distinction effectuée selon la couleur de peau ? Certains amateurs de justice sociale façon BLM ou antifas ont décidé que la couleur de la peau vous astreint à un comportement qu’ils définissent : un Noir doit être une « victime« , un Blanc un « oppresseur« , le mâle Asiatique doit être victimisé en raison de l’imaginaire peu viril que certains s’en font. À les écouter, on ne doit plus rien au mérite, aux idées, aux choix. Exit votre liberté et votre responsabilité ! Tout est couleur de peau. Celle-ci définit votre place dans la société, ce que vous devez dire, faire, et penser. Ce n’est pas de l’antiracisme : c’est du racisme pur et simple. Partant, donnons-lui son nom réel. Cela nous armera moralement et intellectuellement pour lutter contre le racisme, ce fléau d’une terrible universalité. Il en est de même pour les « antifascistes », devenus aujourd’hui les champions de l’agression, de l’intimidation, de la censure, du jugement populaire, bref : du fascisme pur et simple.

On parle beaucoup ces temps-ci d’une certaine conception woke et punitive du féminisme. Pourquoi le collectif de Caroline de Haas #NousToutes est-il volubile au moindre soupçon d’agression de la part d’un « mâle blanc », et totalement aveugle, sourd et muet lorsque le suspect a le teint trop hâlé (on pense entre autres aux viols de Cologne) ? L’analyse de ses prises de parole et de ses éléments de langage indique simplement que le collectif en question n’est pas féministe : il est plus probablement anti-hommes occidentaux et est l’un des idiots utiles de la diversité. Beaucoup de soi-disant féministes ne désirent en fait que l’égalité hommes-femmes (impossible) au lieu de revendiquer l’équité (objectif souhaitable que la France atteint relativement bien). Leur lutte contre un prétendu patriarcat -en réalité une chimère agonisante- ne se comprend qu’en synthétisant l’ensemble de leurs actions. Caroline de Haas, l’une de ses fondatrices, est ainsi passée maître dans l’art de créer des problèmes (harcèlements moraux et sexuels par exemple) pour vendre ensuite des formations… dédiées à la lutte contre ces mêmes harcèlements [6] ! Est-ce là du féminisme, ou du business moralement douteux ?

A contrario, le collectif féministe Némésis (qui pointe du doigt l’important contingent d’agresseurs issus de l’immigration pendant des manifestations) n’est pas que féministe ; il est identitaire et nationaliste. Son combat ne se comprend qu’à la lumière de cette connaissance (facile à obtenir, puisque c’est indiqué sur leur site). Leur irruption dans des défilés féministes dirigés contre les mâles blancs (ceux qui s’excusent platement ; pas les autres mâles, qu’elles redoutent) montre leur volonté de témoigner de la cécité partielle d’autres mouvements dits féministes. Bien sûr, tout ce petit monde est prêt à filmer et diffuser le moindre dérapage de l’autre camp pour étayer son point de vue auprès de l’opinion publique.

Un dernier exemple nous est fourni par le sacro-saint combat LGBTQIIAAHJDHOCNOHZHDIO+-. Vous avez juste affaire dans la majeure partie des cas à des personnes instables, en mal de reconnaissance, et geignardes. Des adultes qui voient l’État comme l’enfant voit ses parents : une autorité capable de lui donner raison et de satisfaire ses moindres caprices. Leur rhétorique se mord la queue, leurs arguments sont contradictoires. Réalisez l’incurie de la pensée de certains : dans « LGBT », le « B » signifie « bisexuel » (sous-entendu, il y a deux sexes) ; les mêmes nous expliquent aujourd’hui qu’il y a des dizaines de genres… Parle-t-on de Pokemon ou de souffrance ? Ne vous laissez pas enfumer par le jargon pseudo-scientifique qu’ils utilisent. Ces gens refusent de s’adapter au monde et demandent au monde de s’adapter à eux : c’est impossible. Ce faisant, ils occultent des personnes (sans doute une infime minorité, mais une minorité existante) qui souffrent réellement d’une dysphorie de genre et se voient représentés par des imbéciles se définissant comme « ours non-binaire poilu lesbienne gender fluid ».

La liste est interminable : en fait de « débat » (Larousse : « Discussion, souvent organisée, autour d’un thème« ), nous assistons davantage ces jours-ci à une foire d’empoigne dans laquelle les candidats sont dénués de la moindre considération pour leur adversaire et pour les Français. Emmanuel Macron, qui esquive le débat, montre ainsi implicitement qu’il sait la puissance des mots (il a peu d’arguments et beaucoup d’éléments de langage ciblant des catégories précises) et la force du contexte (son quinquennat déplorable le rend vulnérable).

Conclusion : réapproprions-nous le réel !

Cette disruption permanente des mots, ce camouflage du contexte, cette quantité considérable d’informations à traiter concourent à modeler notre façon de penser le monde, de nos conversations amicales au bulletin de vote que nous glisserons (peut-être) dans l’urne pour l’élection présidentielle. Vos représentations du réel sont biaisées par des gens parfois intelligents et éduqués qui tentent de nous manipuler, souvent par des égoïstes ne servant que leurs petits intérêts. Or, ce sont ces représentations mentales qui façonnent nos amitiés et inimitiés, nos accords et désaccords, nos grandeurs et nos bassesses. Être un fasciste serait acceptable si vous êtes de gauche et que des médias vous appellent « antifascistes » ? Allons donc !

Redonnons leur sens réel aux mots, et ajoutons-y une acception particulière liée à notre personnalité ; mais partageons tous une base linguistique et des connaissances communes pour penser le monde à l’aide d’un code compréhensible par tous !

Dans cet article, j’ai donné des exemples : peu importe que vous soyez d’accord avec moi et avec ma grille de lecture ; soyez en désaccord, justement ! Mais de grâce, pensez votre désaccord, prenez le temps d’apprécier ou de fustiger les mots que j’ai écrits et la pensée que j’ai formulée, développez vos propres exemples et arguments, entraînez votre pensée ! Alors, la pire chose qui pourrait nous arriver serait de débattre de nos conceptions grâce à un langage commun. Heureusement, nous sommes encore nombreux à le faire.

[1] https://www.causeur.fr/la-guerre-de-l-attention-yves-marry-et-florent-souillot-229494

[2] https://www.babelio.com/livres/Brighelli-La-Fabrique-du-Cretin–La-mort-programmee-de-lec/13338

[3] https://www.huffingtonpost.fr/entry/mathieu-kassovitz-et-le-photographe-jr-en-soutien-a-lukraine_fr_622f65b9e4b0d1329e88ab88

[4] https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/cinema/mathieu-kassovitz-les-racistes-ont-perdu-leur-combat-04-08-2020-8363109.php

[5] https://www.msn.com/fr-fr/divertissement/celebrites/nous-sommes-m%C3%A9tiss%C3%A9s-de-souche-le-message-de-mathieu-kassovitz-%C3%A0-eric-zemmour/ar-AARTllx

[6] https://www.causeur.fr/caroline-de-haas-feminisme-gouvernement-violences-sexuelles-171247