RT France : le tigre de papier de Moscou

Le média financé par la Russie fabrique l’opinion publique, et il est en pleine ascension

Entre propagandiste subtil, média doté d’une ligne éditoriale marquée, et organe d’influence politique, RT suit l’actualité pour mener une guerre informationnelle au service des intérêts russes. En France, son succès va croissant. Il s’explique surtout par l’incapacité d’un personnel politique pour le moins timoré à produire une vision du monde cohérente et fédératrice. Analyse.

Capture d’écran du site RT France (16 novembre).

« Hypocrisie » : pour qualifier la réaction américaine au tir de missile antisatellite russe, Sergueï Lavrov ne mâche pas ses mots. Cité dans un article de RT France, le ministre russe des Affaires étrangères enfonce le clou : Washington « développe une course aux armements très activement » et refuse de signer un traité visant à empêcher le déploiement d’armes dans l’espace.

Cet article, le seul paru sur le site de RT France sur le sujet à ce jour, illustre à lui seul les axes de la stratégie d’influence du média.

Montrer un État incohérent…

Un des axes de cette stratégie consiste à souligner les défauts du personnel politique au pouvoir. Macron annonce que le pass sanitaire sera conditionné à une troisième dose vaccinale pour les plus de 65 ans ? RT France exhume des propos de son ministre de la Santé datant du 26 août dernier et assurant qu’il n’y aurait « pas d’impact de la troisième dose sur le pass sanitaire« . On a déjà vu plus limpide! Sur la photo, Olivier Véran, qui ne porte pas de masque, se tripote le menton d’un air gêné (et les gestes barrière ?).

Macron défend la liberté d’expression ? « En même temps« , RT indique que « l’Élysée aurait interdit aux ministres tout débat avec Zemmour avant sa candidature« . Il aime la liberté d’informer ? « En même temps », il qualifie RT « d’organe de propagande mensongère » (des propos qui « soulèvent des inquiétudes« , selon Xenia Fedorova, Présidente de RT France) et interdit à ses journalistes l’accès à l’Élysée. Drôle de démocratie…

Le Français moyen retiendra l’absence de congruence entre les paroles et les actes des dirigeants français, qui donne l’impression d’une trahison permanente de la part des élites.

… et un pouvoir faible déclenchant la colère de son peuple…

Les snipers russes insistent aussi sur la lâcheté et les renoncements de l’État, qui confèrent un sentiment de toute-puissance aux délinquants. RT montre comment ces derniers n’hésitent plus à s’en prendre aux représentants de l’ordre dans la rue et même dans les commissariats de police.

La France souffre de la comparaison avec d’autres pays, qui apparaissent plus déterminés pour régler la crise migratoire ou combattre le fondamentalisme islamiste. Même le dossier des licences de pêche post-Brexit tourne au désavantage de Paris, qui « se défend de capituler » ! Un choix de mots pas anodin, qui évoque un perdant misérable refusant de reconnaître une défaite malgré l’évidence.

RT couvre aussi abondamment les mouvements sociaux de contestation, par exemple contre le pass sanitaire : ici ou ). On perçoit un État incapable de contenter son peuple à longueur de paragraphes : l’effet de halo fonctionne à plein. Logiquement, cette veulerie du pouvoir déclenche sa substitution par des personnalités ou des citoyens qui s’organisent pour lutter contre l’insécurité ou la pauvreté.

Le modèle de société et la vision du monde occidentaux apparaissent eux vides de sens, puisque leur incarnation semble être l’apparition d’un genre neutre sur les passeports ou l’immoralité. L’intérêt de RT pour les errements « progressistes » a pour but de les faire apparaître pour ce qu’ils sont : des broutilles insignifiantes, le monde vu par le petit bout de la lorgnette.

La France est présentée de façon péjorative ; RT en fait un portrait décadent et apocalyptique, notamment grâce à un choix opportuniste de sources servant ses objectifs.

… pour souligner la force du modèle russe !

RT France joue sur la défiance du peuple envers les « élites » et les médias traditionnels, sur l’aspiration à des leaders autoritaires, et sur l’absence de transcendance (fût-elle morale, politique, ou culturelle).

Le média y oppose en creux une vision bien plus séduisante, solide, et visionnaire : celle de Moscou. La Russie semblant comprendre que la guerre a évolué en des formes moins directes utilisant l’information comme soft power, la subtilité du média consiste à ne pas défendre agressivement les intérêts de Moscou à l’aide de scribouillards bellicistes, mais à susciter l’adhésion par démonstration.

« Nous travaillons pour l’État, nous défendons notre patrie, comme le fait par exemple l’armée« 

Margarita Simonian, rédactrice en chef de RT

La tentation tsariste n’étant jamais loin, Vladimir Poutine apparaît comme un homme fort, à la fois juge de paix et rival lucide. Il provoque une crise de l’énergie ? RT France balaye ces doutes et le présente comme un partenaire commercial lucide et de bonne volonté.

Des experts et responsables politiques l’accusent d’avoir « une responsabilité claire » dans la crise migratoire biélo-russe (Liz Truss, ministre britannique des Affaires étrangères), voire « d’utiliser des flux migratoires » pour « influencer les relations bilatérales » (Edward Lucas, spécialiste de la politique étrangère russe) ? RT préfère fustiger « la responsabilité de l’Occident dans l’exode de populations« … et montre l’efficacité de Minsk, qui « annonce un rapatriement de migrants vers l’Irak« … Poutine : 1, Occident : 0.

Capture d’écran RT France (YouTube).

L’Occident semble faible et déchiré ; la Russie apparaît article après article comme un acteur géopolitique fort et incontournable dans les relations internationales, dont la realpolitik assumée ne s’embarrasse pas de scrupules de façade (puisque ceux qui en ont mentent ou y renoncent).

Présidentielles 2022 : quel scénario envisageable ?

Dans environ 7 mois, les Français auront élu leur nouveau Président. Macron se succédera-t-il à lui-même ? Éric Zemmour ira-t-il loin s’il se présente ? Les partis classiques (LR, PS, etc.) vont-ils renouer avec leur lustre d’antan ? Quelles sont les chances de LFI et du RN ? Libres Paroles a demandé son pronostic à un voyant réputé !

A pair of male hands surrounding a crystal ball conjuring up a hologram on an isolated dark studio background (istockphoto)

Zemmour, l’inquiétant trublion ?

Ses livres se vendent comme des petits pains, il a fait exploser l’audimat de CNews, ses conférences et dédicaces attirent un large public, les sondages démontrent son fort soutien populaire : Éric Zemmour sera sans nul doute un acteur de taille s’il se lance dans l’arène.

S’il vise le titre suprême, l’intellectuel devra cependant conquérir un électorat LR pas toujours acquis à sa vision apocalyptique et un brin paranoïaque de la France. Il devra aussi passer du statut de chauffeur de salle à celui de candidat crédible : avoir un programme cohérent et s’entourer de personnalités expérimentées sera indispensable.

Si Zemmour est candidat, il va évidemment constituer une grande inquiétude pour les autres partis, car tout indique que contrairement à eux, il parle vraiment de ce qui intéresse les Français. Les autres candidats le savent déjà : il est aujourd’hui le seul à créer un tel engouement autour de ses idées et de sa personne.

Il devra donc faire face à des embûches sorties de nulle part et destinées à le disqualifier : affaire de viol/harcèlement/adultère (très à la mode), mauvaise déclaration de patrimoine (toujours efficace), loi rédigée à son intention pour lui interdire de concourir en raison de condamnations judiciaires (déjà évoquée), exhumation d’articles immatures écrits à 16 ans, voire menaces plus directes.

Le vent lui sera bien sûr contraire : articles médiatiques à charge, attaques en dessous de la ceinture… Une sorte de remake vaseux de Fillon 2017 en perspective !

Pronostic : échouera aux portes du second tour et deviendra un faiseur de rois à droite. S’il survit aux coups déloyaux, aura préparé 2027 avec sérieux. Un second tour par miracle ? Il aurait alors de sérieuses chances d’être élu Président.

Macron : plat réchauffé

Comme en 2017, on peut s’attendre à un Emmanuel Macron racoleur et charmeur, organisant sa campagne autour de sa personne. Lui qui voit la politique comme un simple produit à vendre à des électeurs-consommateurs va multiplier les séquences et déclarations contradictoires pour plaire à tous, sans finalement enthousiasmer personne au-delà d’un éventuel électorat de trentenaires bobos urbains. Un produit sans personnalité mais vaguement adapté à chaque public : un peu pour les jeunes, un peu pour les boomers, pour le gauchiste, et aussi pour le droitard. Quelques déclarations martiales pour dragouiller les électeurs LR, des promesses de chèques et d’assistanat pour plaire à gauche.

Pour subtiliser quelques voix à LFI, Macron ajoutera à son plat réchauffé de fortes déclarations destinées à ceux qui ont une vision communautariste de la société française. Enfin, pour contrer Marine Le Pen (qu’il essaye d’ériger par tous les moyens en adversaire majeure depuis des mois, sûr qu’il est de gagner en duel), on peut s’attendre à la carte « fascisme » et à la rhétorique de la ridiculisation (« Moi, j’ai régné, moi. Vous, vous ne savez pas ce que c’est, évidemment ! »).

La stratégie devrait être claire : LREM et les gouvernements 2017-2022 seront sans doute une soupape utile pour endosser la responsabilité de certains échecs de son quinquennat. Macron enverra ses cadres tancer les adversaires menaçants (MLP sans doute, Zemmour s’il se présente) pour garder une certaine hauteur « jupitérienne » et ne pas se salir.

Pronostic : présence au second tour, probable réélection par défaut comme en 2017.

LR : chevaux hors course

Le sort de LR semble clair. Un candidat peinant à rassembler en interne et devant incarner un parti qui fait rarement ce qu’il avait promis une fois au pouvoir, qui surfera tristement sur une vaguelette d’enthousiasme tiède. Une part de marché réduite à quelques jeunes BCBG et des boomers encore nostalgiques de Sarkozy.

Trop divisé, ce parti va envoyer au turbin un candidat sans charisme, qui va lorgner plus ou moins du côté du RN en nous gratifiant de quelques rodomontades sur l’immigration, la sécurité, et l’identité. Barnier, Pécresse et Bertrand notamment ont déjà commencé le show.

Pronostic : échec au premier tour, crise en interne, voire scission possible entre tenants d’une aile plutôt LREM et partisans d’une ligne plus « RN/Zemmour-compatible ».

La gauche trop divisée

Les différentes sensibilités de gauche (LFI, EELV, PS) ont chacune choisi un candidat… et devront se partager les voix en conséquence. Leur éclatement et leur incapacité à s’unir leur coûteront une présence au second tour. Le PS est inaudible et Hidalgo souffre de son triste bilan parisien ; LFI est divisée en interne et le despote Mélenchon fera du lèche-babouches en espérant un important vote communautaire ; EELV fera un score honorable avec un Jadot plus modéré que sa consoeur, la sorcière écolo-dingo Sandrine Rousseau. Une modération qui sera toutefois aussi son handicap pour les plus plus éminents « progressistes » de la société.

Pronostic : score faiblard pour le PS, LFI en baisse par rapport à 2017. Aucun candidat présent au second tour. EELV s’affirme comme un parti plus puissant à gauche si Jadot ne rate pas sa campagne et enfile le costume efficacement.

RN : pas de second tour ?

Le RN subit Marine Le Pen depuis trop longtemps déjà. L’inaudibilité de cette dernière et son échec en 2017 seront de graves handicaps, en plus d’une fuite éventuelle d’électeurs tentés par Zemmour ou encore Dupont-Aignan. Enfin, un nombre croissant d’électeurs RN doutent de plus en plus de sa capacité à gagner.

Les électeurs voulant exprimer un rejet en votant pour elle hésiteront au vu d’un programme économique dangereux et de ce manque de leadership. Tant mieux, car MLP est une rentière de l’opposition. C’est peut-être là sa posture idéale.

Pronostic : moins bon score qu’en 2017. Présence (et défaite en finale) au second tour très probable. Attention au Zemmour arrivant à toute blinde dans le rétroviseur : il pourrait gratter la seconde place (s’il se présente). Montée en puissance des jeunes loups du RN après l’élection, ou départ d’une partie des cadres.

Conclusion : Macron jusqu’à l’indigestion

Le grand gagnant sera donc le candidat archétypal du système, Emmanuel Macron. Peu importe le manque d’adhésion et les modalités : il devrait être élu à défaut de mieux, sans que quiconque ne croie réellement à ses diatribes et belles promesses. Gauche et droite, par leurs divisions et leur incapacité à se renouveler et donc à séduire, semblent rouler pour lui et lui faciliter le chemin.

Attention toutefois à Zemmour, s’il est candidat et franchit les obstacles qui ne manqueront pas d’apparaître comme par magie !

Résultat pour les Français : bis repetita dans la morosité. On a ce qu’on mérite : d’un pays de consommateurs peu cultivés ne peut pas émerger une offre politique de haut niveau.

Caricatures de Mahomet : Macron doit tenir sa position face au monde musulman

La promesse d’Emmanuel Macron de « ne pas renoncer aux caricatures » suscite depuis plusieurs jours des réactions violentes de la part de plusieurs pays musulmans. Pour une fois, il semble que le Président de la République française a visé juste. Il doit maintenant protéger effectivement la liberté d’expression en France, sans compromission, comme il l’a annoncé… et dénoncer fermement l’ingérence intolérable dont font preuve ces pays étrangers à l’égard d’une nation souveraine.

« Nous ne renoncerons pas aux caricatures« , énième rodomontade ?

Rappelons le contexte : l’assassinat effroyable d’un professeur d’histoire le vendredi 16 octobre, Samuel Paty, a profondément choqué les Français de coeur et d’esprit, et tous ceux qui croient que la liberté d’expression va au-delà de leur susceptibilité personnelle. Les esprits assez courageux pour accepter le désaccord et la caricature sont meurtris, mais ce meurtre contribue à leur réveil.

Arrivé à Conflans-Sainte-Honorine, Emmanuel Macron s’est fendu d’une allocution dans laquelle il a notamment réaffirmé que, collectivement, « nous ne renoncerons pas aux caricatures« . Jusque là, un auditeur vaguement attentif aurait à nouveau pu ricaner à ces propos tenus par un homme dont l’action politique en matière de lutte contre l’islamisme est quasiment inexistante. De postures en déclarations creuses, le Président français a montré depuis le début de son mandat une coupable constance dans l’inaction et l’aveuglement. Cette déclaration devait donc être une rodomontade de plus. Elle devait passer inaperçue… Et pourtant.

La réaction unanime de nombreux pays musulmans

Et pourtant, cette banale déclaration a déclenché en quelques jours une vague de réactions furieuses de la part de plusieurs pays de ce que l’on appelle le « monde musulman ». Injures, drapeaux français brûlés, appels massifs au boycott, et même… caricatures de Macron en cochon : cocasse, pour dénoncer la violence des caricatures de Mahomet.

Une banderole s’en prenant à Emmanuel Macron déployée sur une place de Naplouse, en Cisjordanie occupée, le 25 octobre 2020. (MOHAMAD TOROKMAN / REUTERS)

On passera sur le fait que ces pays se distinguent régulièrement par leur propension à faire aux autres ce qu’ils ne tolèreraient aucunement à leur endroit. On imaginera également avec amusement les princesses et émirs saoudiens se passer de champagne et de haute couture pendant plusieurs semaines.

Libye, Pakistan, Cisjordanie, Qatar, Maroc, Égypte, Koweït… : jour après jour, les représentants officiels de l’autoproclamée religion « de paix et d’amour » prouvent une fois encore la violence de l’Islam tel qu’ils le conçoivent. Erdogan évoque la « santé mentale » de Macron en Turquie ; en Algérie, le bien mal nommé « Mouvement de la société pour la paix » -le plus grand parti d’obédience islamique algérien- a publiquement appelé le président Abdelmadjid Tebboune à prendre position contre le président français. La liste est interminable. Ces individus sont si fragiles que le moindre dessin les fait sortir de leurs gonds. Si instables que leurs sautes d’humeur se transforment en délires sans limites. Et dans leur cécité colérique, ils tentent d’influencer sur les décisions de société d’une nation souveraine. Ils donnent de leur Dieu une pitoyable image : celui-ci, tout puissant, a-t-il besoin de défenseurs, surtout aussi navrants ?

Le valeureux Erdogan s’étrangle pour de simples dessins… et leur donne un écho considérable. C’est l’effet Barbra Streisand.

Une ingérence politique majeure

Ces réactions n’ont qu’un but : dicter à la France la conduite à tenir en matière de société. Faire plier un pays où la liberté d’expression prévaut (encore) pour mieux le soumettre. Et ce sont précisément ces réactions qui démontrent qu’Emmanuel Macron a visé juste.

Si le Président français était aussi peu crédible à l’étranger que dans son propre pays, ses déclarations emportées eussent à peine fait hausser un ou deux sourcils et sourire des lèvres goguenardes. L’énième pantalonnade du pensionnaire de l’Élysée devait en rester là : elle aura finalement embrasé une fraction majeure du monde musulman.

Ce dernier démontre une fois encore de façon éclatante que les frustrations que l’Islam engendre lorsqu’il est appliqué avec bêtise et à la lettre par des esprits trop médiocres pour en comprendre l’esprit, ressemblent à une cocotte-minute prête à exploser pour un rien.

Dans leur ivresse vengeresse, les dirigeants des pays qui ont haussé le ton font preuve d’une intolérable et scandaleuse ingérence. Ces hiérarques dont les principaux talents consistent à truquer des élections, à asservir leur peuple (pas de liens ici, la liste est trop longue) et à s’en mettre plein les poches sans développer leur pays pour la plupart, osent donner des leçons de politique à un pays qui a apporté au monde l’universalisme, rien que cela !

L’Islam, religion pervertie en instrument de domination par des dirigeants peu soucieux de spiritualité et de bonheur

Les conséquences du boycott devraient être limitées. À titre d’exemple, la France n’a exporté, en 2019, « que » 600 millions d’euros de produits vers le Koweït, contre 70 milliards vers l’Allemagne. Mais ne nous y trompons pas : il n’est pas question d’économie ici.

C’est un nouvel épisode, peut-être charnière, des prémisses de la guerre de civilisation que les hérauts de l’islam agressif mènent au monde occidental, et à la France en particulier. Les mots sont forts : pourtant, aucun des dirigeants ayant réagi aux propos du Président français n’a parlé de son pays ou de son peuple. Tous ont parlé de vexation et d’injure à l’égard des « musulmans ». Ils ont trahi une nouvelle fois par des mots la conception qu’ils se font du monde, et que nos dirigeants feignent trop souvent d’ignorer, par peur ou par calcul : il y a les musulmans -l’Oumma-, et il y a le reste du monde. Et les musulmans en question sont une nouvelle fois sommés de réagir, exhortés à choisir entre une religion et leur participation à la marche d’un monde de paix commune. Leurs dirigeants les tiennent visiblement pour un troupeau tout juste bon à se faire dicter sa conduite, dont les membres seraient incapables d’avoir un avis propre. N’est-ce pas là un manque de respect colossal, bien supérieur à quelques dessins potaches de mauvais goût ?

En temps normal, chacun de ces gueulards vindicatifs se préoccupe de ses petites affaires. Mais ils sont subitement unanimes pour dénoncer sans mesure ce qu’ils estiment être des injures. C’est cela, la puissance de l’Islam qui force l’admiration : une communauté puissante, prête à faire bloc (en apparence) dès qu’elle se sent agressée.

Face à ces dirigeants qui ne représentent qu’eux-mêmes, la clé viendra des musulmans eux-mêmes. Souhaitons qu’un jour la grande majorité d’entre eux se soulève et chasse leurs despotes, fatiguée d’être privée de liberté de penser et de juger.

Les hommes bornés qui débitent de telles inepties souillent chaque jour une religion commune à presque 2 milliards d’êtres humains, en en faisant l’instrument de leur soif de puissance et de leur volonté de domination. La spiritualité, la transcendance, le bonheur de la Foi, tout cela leur est étranger. L’Islam n’est pour eux qu’un outil pratique : ils sont les pires blasphémateurs de la religion qu’ils disent représenter !

Macron doit absolument tenir bon

En attendant, Emmanuel Macron doit absolument tenir bon ; il doit raffermir sa position et envoyer paître clairement tous ces (vieux) dirigeants aigris. Son rôle est crucial : il a l’occasion d’envoyer un message puissant, qui résonnerait avec force. Un message qui serait un immense soulagement, même temporaire, pour des millions de Français livrés à eux-mêmes face aux violences régulièrement commises au nom de l’Islam ; pour des millions de musulmans dont la religion est dictée par le contrôle social, dans l’incapacité d’en faire un vecteur d’Amour comme l’immense majorité du bouddhisme ou du christianisme modernes.

Nous devons respecter les êtres humains en fonction de leur valeur, non en fonction de leur religion, de leur couleur de peau, ou de leur origine. Le respect, ce sentiment qui porte à accorder à quelqu’un de la considération en raison de la valeur qu’on lui reconnaît. Face à des personnes de peu de valeur assoiffées de domination, le respect consiste simplement à leur opposer une indifférence totale et à maintenir une position explicite et ferme.

Cela demande une vraie force de caractère. Au nom de la France, Emmanuel Macron doit montrer cette force qui lui fait défaut. L’occasion est unique. Le symbole serait extraordinairement fort.

PMA/Congé paternité : impairs sur le père

LREM allonge le congé paternité à 28 jours car « le lien père-enfant dès le plus jeune âge est important, pour donner du temps aux pères ».
Emmanuel Macron affirmait : « Un père n’est pas forcément un mâle« . Nous avons entériné les dénominations « Parent 1 » et « Parent 2 » en conséquence.
La loi PMA affirme aussi qu’un père n’est pas nécessaire… mais reconnaît le droit fondamental de le connaître.

Que d’incohérences ! En marche… mais vers où ? La question se pose plus que jamais.

L’État De Funès : épisode 1, Gilets Jaunes vs. Assa Traoré

Fort avec les faibles, faible avec les forts : l’État français propose la meilleure imitation de Louis de Funès qu’on ait connue. Dans ses films, l’acteur incarnait souvent un personnage obséquieux, n’hésitant pas à rudoyer plus faible que lui, mais s’aplatissant piteusement face à plus fort. En France, cette façon de faire est caractéristique du gouvernement d’Emmanuel Macron. L’État de Funès, épisode 1 : Gilets jaunes vs Assa Traoré.

Répression violente contre les Gilets jaunes…

Les faits sont souvent têtus et s’imposent d’eux-mêmes, au grand dam de l’idéologie, qui elle doit se battre pour imposer une vision ne correspondant à aucune réalité.

11 morts, plus de 4 400 blessés et mutilés (parmi les manifestants et les forces de l’ordre) : non, ces chiffres ne sont pas ceux des émeutes de Minneapolis. Ils attestent notamment d’une répression policière incontestablement excessive durant les manifestations de Gilets jaunes entre 2018 et 2019.

Alors ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner se distingue par son inflexibilité : en décembre 2018, il évoque des « factieux ». En avril 2019, il réfute toute violence policière malgré les faits. Bref, le ministre fait ce qu’on lui demande sans sourciller. C’est d’ailleurs cette qualité qui lui vaut sans doute d’occuper son poste actuel, plus que ses compétences en matière de police. Il ne s’agit pas ici de soutenir les Gilets jaunes, mais de rappeler combien la répression fut disproportionnée dès le départ, même si des casseurs ont peu à peu pourri le mouvement en s’y greffant.

… mais les yeux grands fermés pour la diversité

Notre ministre est un mélange de Janus et de Louis de Funès : il réussit à être à la fois incohérent et lâche, tout en trahissant son mandat et les Français. Christophe Castaner est plus prompt à galocher des minettes en boîte de nuit ou à cogner du Gilet jaune qu’à veiller au respect des interdictions que son propre gouvernement a édictées.

Le 2 juin, une manifestation totalement illégale a rassemblé à Paris — en dépit des restrictions sanitaires — près de 20 000 personnes demandant, en vrac, « justice pour Adama », « halte aux violences policières », ou appelant à la révolution. Le contraste est saisissant avec les Gilets jaunes : des photos de foules de ces deux mouvements montrent bien les deux France qui s’affrontent déjà, n’en déplaise à l’optimiste Gérard Collomb. Pour les Gilets jaunes : des blancs en grande majorité. Pour la manifestation illégale : des noirs en grande majorité. Deux populations qui vivent sur le même territoire, mais ne partagent plus rien.

Castaner contre la loi et la Constitution

Macron et Castaner en font un état de fait : en France, la loi n’est pas la même pour tous. Quand le comité « Justice pour Adama » (qui, soit dit en passant, réfute les conclusions de trois séries d’experts ne collant pas avec son programme politique) manifeste illégalement, les CRS encadrent le mouvement, mais il n’y a aucune répression. Pourtant, c’est illégal ; pourtant, nous sommes dans une période de déconfinement sanitaire après une pandémie ; pourtant, la devise française mentionne fièrement l’égalité ; pourtant, l’article Premier de la Constitution française pérore sur « l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion. » ; pourtant, les propos entendus dans cette manifestation et dans la bouche d’Assa Traoré tomberaient largement sous le coup de la loi Avia fraîchement votée.

Rappelons que ce jour-là, des dizaines de manifestants ont traité un CRS noir de « vendu ». Parce qu’il est noir et CRS. Le racisme n’est en France ni systémique ni d’État : il vient de la population elle-même. Il n’est plus l’apanage des blancs depuis longtemps, même si certains s’échinent encore à nier sa dimension universelle. Mais ça, ça passe bien au-dessus de la tête de Christophe Castaner. Pensez-vous, il n’est que ministre de l’Intérieur !

« Nul n’est censé ignorer la loi »

Nous en sommes là : en France, un ministre de l’Intérieur viole ses propres lois et textes fondateurs, probablement à la demande d’un Président de la République soucieux de contenir les émeutes et dont l’action politique vise en grande partie à favoriser sa réélection, à coups de petits calculs minables.

Une autre hypothèse plus clémente serait de dire que notre ministre ignore la loi, que pourtant « nul n’est censé ignorer ». Dans ce cas, il serait toujours coupable, mais d’incompétence crasse.

Nous avons donc deux options : soit Castaner est un incompétent peureux et agressif, soit c’est un exécutant servile, sans principes et sans envergure, qui obéit sagement sans se poser de questions. Au vu du parcours et du pedigree du bonhomme, la seconde option paraît plausible. Envoie la police taper ici, mais ne touche pas à ceux-là : la manifestation du 2 juin est un nouvel exemple de l’État de Funès. L’égalité est aujourd’hui un mythe. Coluche disait : « Les hommes naissent libres et égaux, mais certains sont plus égaux que d’autres ». À son époque, cette phrase était drôle. À son époque…