Bonne année 2023 ! Au fait, c’est quoi une « bonne année » ?

Quelques pistes plus ou moins fantaisistes pour que 2023 soit meilleure que 2022…

2022 est finie : apparemment, ce point n’a échappé à personne. On peut officiellement lancer « Bonne année ! » au milieu de n’importe quelle conversation sans se soucier du contexte, et ce jusqu’à mi-mars environ. Mais que serait une réellement bonne année ? J’ai trouvé des idées plus ou moins intelligentes :

  • Que Omar Sy découvre la loi de proximité, ou loi du mort-kilomètre. Les Français sont plus soucieux du sort des Ukrainiens que de celui des Africains, d’après lui ? Soit il possède une technologie révolutionnaire capable de mesurer formellement l’empathie de tout un peuple et il a raison, soit il confond son sentiment personnel avec un fait. Imaginons qu’il ait raison : et, pour la même raison, il parle de l’Afrique sans y vivre. Oui, toutes les victimes ne se valent pas, médiatiquement parlant ; et c’est le même constat partout dans le monde.

  • Que la gauche française guérisse de sa grave maladie en phase terminale, le gauchisme. Cela fait trop longtemps que les délires wokes complètement hors-sol ont colonisé la gauche, les rares esprits intelligents et raisonnables qui y demeurent étant parfaitement inaudibles. Le peuple n’y gagne rien, les amateurs de débats de qualité non plus. Oscar Wilde faisait dire à son personnage caustique Henry Wotton : « Je choisis […] mes ennemis pour leur bonne intelligence. Un homme ne peut être trop soigneux dans le choix de ses ennemis. » On peut légitimement se demander ce que vaut LR à l’aune de cette maxime…

  • Que l’opinion publique soit touchée par la grâce. Qu’une entité suprême nous confère à tous une capacité à se souvenir des évènements, un intérêt pour la chose publique, un dédain pour le buzz, la vulgarité, et les phrases sans intérêt. Ce serait un formidable changement à impulser dans la démocratie, qui ressemble de plus en plus chez nous à un totalitarisme doux… permis par notre mollesse d’esprit, notre inculture, notre incapacité collective à penser par soi-même et à accepter le désaccord et l’effort que demande la culture. Travaillons en tant qu’individus et société, pour que les mots terribles de Günther Anders dans son livre L’obsolescence de l’homme ne soient plus vrais [1] !

  • Que le monde occidental -particulièrement la France- cesse de juger le monde entier à l’aune de ses propres valeurs : droits-de-l’hommisme, démocratie, universalisme, etc. Cessons cet authentique paternalisme étroit d’esprit ! Le monde entier n’a pas le même rapport à la politique, au monde, aux autres : il s’agirait de grandir ! Cela nous confèrerait davantage de lucidité au moment de comprendre que nous ne sommes pas « en guerre » contre un misérable coronavirus, mais plutôt en lutte -intellectuelle, économique, politique, armée parfois- contre des civilisations aux velléités expansionnistes, qui elles défendent vigoureusement leurs intérêts : Turquie, Chine, Etats-Unis etc.

  • Soucions-nous de la misère que nous voyons et donnons du temps à nos proches : cessons d’être des anywhere et devenons des somewhere ! Inscrivons-nous dans notre ville, notre village, notre temps, pratiquons nos bonnes mœurs et n’oublions pas que « charité bien ordonnée commence par soi-même« . Non, cela ne veut pas dire qu’il faut être insensible à tout ce qui ne passe pas chez vous ; mais qu’on peut davantage agir lorsque cela survient sous notre nez. Je profite de l’aubaine pour vous infliger un vieux texte de chanson que j’avais écrit il y a longtemps : « Les morts d’Afrique et d’ailleurs font pleurer / Moi aussi, mais j’connais pas mon voisin de palier« . Ça, c’est un argument en béton.

Plus sérieusement : remettons la patience et l’effort en nous, soyons moins versatiles et volatiles ; passons moins de temps à parler et envoyer des messages, et réfléchissons davantage ; oublions un peu Netflix et redécouvrons le temps de la lecture un tantinet exigeante ; le premier vous distrait, le second vous apprend ; cultivons l’empathie plutôt que la vertu ostentatoire ; et surtout, surtout, lisez Libres Paroles et partagez cet article !

D’ailleurs, je compte bien vous présenter mieux ce blog et mes motivations dans un prochain article.

Très bonne année 2023 à toutes et tous, cellezéceux !

[1] « Pour étouffer par avance toute révolte, il ne faut pas s’y prendre de manière violente. Les méthodes du genre de celles d’Hitler sont dépassées. Il suffit de créer un conditionnement collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit des hommes.

L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en limitant leurs aptitudes biologiques innées. Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il peut se révolter. Il faut faire en sorte que l’accès au savoir devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.

Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif. On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser. On mettra la sexualité au premier rang des intérêts humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux.

En général, on fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ; de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain et le modèle de la liberté. Le conditionnement produira ainsi de lui-même une telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions nécessaires au bonheur.

L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un troupeau. Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé, combattu. Toute doctrine mettant en cause le système doit d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutiennent devront ensuite être traités comme tels.« 

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